Comment on Vélokite Bretagne nord (29-22-35) - juillet 2026
nicolasroro@www.onekite.com 1 month ago
Dimanche 26 juillet (jour 7) : Fréhel – Saint-Jacut
Départ vers 9h30, temps gris, On se lance à l'assaut du cap Fréhel, bien sauvage et pelé et une ribambelle de plages plus ou moins étendues (anse du Croc, Grèves d’en Bas, Port au Sud-Est) à l'ouest de la pointe, certainement intéressantes par gros temps. On aperçoit l’îlot Saint-Michel à l’horizon :
Au cap, gravel et bikepacking, en mode léger mais il y a du matos :
Pause repas à Matignon sous la halle (nous sommes 9 cyclo-touristes) sous une légère bruine. On cherche notre prochain camping, il n’y a rien de dispo sur Lancieux, on jette notre dévolu sur Saint-Jacut. Au château du Guildo qui ferme la baie de l’Aguenon, on bifurque sur la presqu’île de Saint-Jacut, et à l’entrée du village, , j’aperçois deux ailes côté Aguenon. Direction le camping municipal de la Manchette côté baie de Lancieux. Il y a du vent, je file voir la plage de la Manchette qui jouxte le camping :
Voiles visibles en face, au fond de la baie de Lancieux (spot n°30). De mon côté, c’est interdit mais la zone est large et il n’y a pas de baigneur. Je poursuis ma découverte, juste au nord, plage de la Pissote où j’aperçois un gars en train de gréer :
Prise de contact, il est du coin et me dit que malgré l’interdiction, il se permet de gréer ici puisqu’il n’est pas sur la plage mais sur un banc de sable à marée basse. Pas faux. La zone est un peu déventée avec ce vent de NNO, il part en 9m², je crois en direction du fond de la baie pour taper du flat. Je vois bien qu’il doit faire travailler l’aile pour essayer de garder un tant soit peu le cap pour filer en face pour ensuite tirer son bord le long de la plage des Briantais en face (spot n°31) :
Je pars à sa suite en Kitech9m² mais mon objectif n’est pas de dériver vers le flat de fond de baie mais de rejoindre le large. Avec le caisson, j’ai un peu moins de difficulté à m’extraire du couloir déventé puis, en ralliant le côté Lancieux, je peux enfin remonter efficacement la baie. Ouah, belle houle, couloir de vents bien sensibles avec ce vent perturbé par les nuages. Il y a quelques belles rafales, c’est sport, pas mal de wingfoileurs et autres parafoileurs sur l’eau, il y a du niveau. J’arrive au nord de Lancieux (plage de Saint Sieuc, j’essaye d’aller du coté de l’île des Hébihens où j’aperçois d’autres ailes (mais comment sont-ils arrivés là ?) puis je me rapatrie dans le chenal à l’extrémité de Saint-Jacut. Belle ambiance, quelques passages ensoleillées mais je dois penser quand même à mon retour et cette zone déventée qui m’attends :
Et oui, mon banc de sable a disparu, les baigneurs sont de retour. J’essaye quelques bords, je choisis de ne pas dériver, je travaille l’aile mais je dois encore gagner sur la distance en eau désormais. Mon aile décroche, je plie rapidement et au bout de 10 minutes, je suis sur la plage.
Comme mon aile est un peu mouillée et que je suis revenu un peu contraint, je remballe rapidement puis poursuit ma découverte de la presqu’île. Onze plages au total mais le panneau d’interdiction est toujours présent. Plage du Rougeret, plutôt grande, est celle qui ouvre le plus vers le large et son chenal qui permet de rallier la baie de l’Aguenon à celle de Lancieux. Je passe mon chemin. Dommage :
Côté Aguenon, j’aperçois deux ailes, et tel un cochon truffier, j’essaye de trouver le chemin :
Plage des Haas, toujours interdite mais avec ce temps gris et en fin de journée, cela n’a pas l’air de gêner grand monde :
Le vent a tourné NO - ONO, idéal pour l’orientation de la plage, il est 18h30, je pars rapidement à l’eau pour faire sécher mon aile. Une heure de session en rab, avec 12 nœuds environ pour clore cette journée avec conditions propices. A mon retour, c’est marrant, je me retrouve à donner des infos sur le spot que je viens de découvrir, deux autres kiteurs viennent se mettre à l’eau.
Données du jour : 46 kilomètres, 475 mètres de D+
Lundi 27 juillet (jour n°8) : Saint-Jacut – Saint-Benoît des-Ondes
Objectif du jour, rallier la cité corsaire pour retrouver un ancien collègue qui vient tout juste de s’expatrier du pays de Gex pour s’installer à Dinan, sur les bords de la Rance. Dès lors, on contourne la baie de Lancieux, on quitte l’EV4 et on parcourt le littoral pour atteindre Dinard. Je vois donc toutes les plages des kiteurs de la veille, passage à Saint-Briac-sur-Mer (Cf. photo ci-dessous) et nous longeons toutes les belles plages entre le golf de Dinard (ça fait peine) et Saint-Lunaire (plage de Longchamp – spot n°33, Grande plage, plage de la Fourberie – spot n°34), toutes propices au kite :
Le coin devient plus cossu, avec de véritables maisons châteaux-forts, on se perd entre Saint-Enogat et Dinard, le temps de trouver l’embarcadère pour le bateau-navette qui nous déposera en 10 minutes au pied de Saint-Malo :
Spectaculaire ville, en arrivant par l'eau, puis on rentre dans la cité avec les vélos pour trouver la crêperie du rendez-vous. Vers 15h30, on reprend la route, le long de la grande plage, en retrouvant notre tracé cycliste :
Trop calme pour sortir une voile :
Après l’agitation de Saint-Malo et passage par Cancale, on retrouve le calme dans la grande baie du Mont-Saint-Michel, au camping municipal de Saint-Benoît-des-Ondes. Le vent nous a poussé jusqu’à présent, je vais tenter une petite sortie juste à côté du camping, marée remontante, presque 11 nœuds de N. Dès la voile levée, c’est piégeux, l’estran encore découvert est glissant comme pas possible. C’est pire dans l’eau marronnasse, aucun appui possible en dehors de la planche. Le vent ne porte pas super, il est moins fort sur l’eau, je m’enquille quand même quelques bords, sans pouvoir apprécier la hauteur d’eau, c’est bizarre.
Photo prise à 21h40 (marée descendante), avec Cancale à l’horizon :
Données du jour : 47,7 kilomètres, 354 mètres de D+
Mardi 28 juillet (jour 9) : Saint-Benoît des-Ondes – Mont-Saint-Michel – Dol-de-Bretagne - Plougasnou
Platitude et linéarité, les maîtres-mots du coin, avec le petit vent qui nous pousse bien à l'aller :
C’est long, il commence à faire chaud mais le tracé suit les digues complètement enveloppées de grands arbres, c'est plaisant et puis on aperçoit de temps en temps notre cible, quand enfin...miracle !
A 12h30, on pose nos vélos sous la passerelle et on se décide d’une visite au pas de charge, en mode commando. En effet, la noria des navettes et le flux des touristes à pied nous montrent que la visite en cette période d’un des sites les plus visités de France risque d’être une épreuve. Le ton est donné à l’entrée, c’est blindé de monde, on trace les escaliers (sélection naturelle), les gens sont assommés de chaleur et cherchent le moindre coin d’ombre pour manger un sandwich :
On passe les animations religieuses, ambiance « Jésus reviens » et la visite de l'abbaye (une autre fois dans une autre vie) et au bout d’une petite heure, on est de retour de l’enfer : c’est beau, c'est chaud (sans vent), qui plus est à marée basse, le plaisir de la contemplation n’y est pas. Ouf, on s’éloigne pour trouver un coin d’ombre et manger un bout.
Après une rapide réflexion, on va tenter le retour express, direction Dol-de-Bretagne pour choper le TER qui nous ramènera à Morlaix via Rennes.
Merci aux communes bretonnes d'avoir conservé un point d'eau souvent à côté des églises (en l'occurence celle de Saint-Broladre), cela nous a sauvé de la déshydratation, parce qu'il ne faut compter sur les gares pour vous abreuver. Et comme je ne suis pas ingrat, pas merci aux TER régions, c’est toujours un peu compliqué les résas vélos en sus du billet de train : dans le premier train, on les prend et il n’y a plus de place, dans le second, on ne peut pas les prendre et il y a plein de place….
Poussière de la baie, le tracé du jour étant principalement non goudronné, nous, cyclistes, sommes tout aussi cradingues et suants :
Bref, on arrive à bon port en gare de Morlaix vers 19h45 et il nous reste un dernier effort pour effectuer les 20 kilomètres (et 174 de D+) qui nous séparent de Plougasnou, par Le Dourduff et le magnifique vallon du Traon. Arrivée à 21 heures, pile-poil pour le repas.
Données du jour : 84,5 kilomètres, 340 mètres de D+