Bonjour,
Demat d'an holl,
Récit d'un périple vélokite de 9 jours dans la Bretagne côté Manche, entre Finistère (29), Côtes d'Armor (22) et Ille-et-Vilaine (35).
Après la traversée de la France, on se pose un week-end dans la maison familiale à Plougasnou, afin que l'on (re)prépare nos paquetages et je puisse naviguer. Las, le lendemain, un épisode bien brumeux l'après-midi vient contrarier un vent de NNE trop léger. Je me rattrape le lendemain, sur l'habituelle plage de Saint-Jean-du-Doigt, avec un vent de NE bien établi dès le début d'après-midi, foil au début puis passage en surf, en ayant utilisé la même voile (Kitech9m²). Bien belle session qui marque le début des spots référencés dans ma sélection.
Pour la cartographie, j'ai reporté ceux-ci ainsi que d'autres découverts au fil des kilomètres : en vert, ceux navigués et en rouge non navigués, les points de départs et d'arrivée sont entourés de bleu.
Lundi 20 juillet (jour 1) : Plougasnou - Trébeuden
Dans mes espoirs les plus grands, j'espérais pouvoir charger le foil, en plus du surf sur ma remorque. C'était illusoire, avec le poids, sans compter sur le relief que je connais dans le coin pour être irrégulier. J'ai trois caissons (j'ai enlevé la Wave 4,5 au dernier moment), un harnais culotte classique mais léger, mes deux sacoches arrières pour l'habillement et le matériel de camping que nous répartissons avec Hélène qui se charge de la tente.
Assez rapidement, on arrrive sur la frontière entre le Finistère et les Côtes d'Armor, ce magnifique coin de Toull ar C'hirri, sur le Douron, fleuve côtier de la baie de Locquirec. Le spot est juste en face :
Baie de Locquirec à marée haute :
On est encore en terrain connu mais je n'ai jamais navigué après Locquirec. La vélomaritime (EV4) nous fait faire le tour de la Pointe de l'Armorique puis on emprunte l'ancienne ligne ferroviaire Lannion - Plestin-les-Grèves (1914-1937) du réseau secondaire des Chemins de Fer des Côtes-du-Nord. Au début du Xxème siècle, le dit département ne comportait que huit voitures ! C'est un peu ma madeleine de Proust (avec les forts Vauban). Ainsi, le premier tronçon nous fait redescendre sur la grève de Saint-Michel. Traversée de route direction le centre nautique & police rurale de Saint-Efflam, les conditions sont idéales pour une p'tite session :
Cette baie de Plestin/Saint-Michel-en-Grève a mauvaise réputation à cause des algues vertes qui se concentrent avec un estran important et sa forme peu ouverte. Cette année, c'est cadeau, c'est propre :
Il y a de la place, pas de baigneur, pas d'interdiction, une marée plutôt proche. J'avais juste des doutes sur le vent d'Est qui, dans mon esprit, ne rentrait pas dans cette baie. Et bien si, par Saint-Michel-en-Grève. 10 noeuds minimum mais ça coupe au niveau de la pointe de Beg-Ar-Forn. Un autre kiteur rentre dans l'eau à mon retour vers 14h, dans l'axe du port de Beg Douar, en rive gauche :
Petit rinçage au tuyau du club, pique-nique et on assiste au cours de chars à voile :
Assez tardivement, on reprend la selle pour suivre la voie du train en pente douce dans le magnifique vallon du Kerdu, à l'ombre, à l'abri du vent qui pourtant vient de face et avec le doux bruit du ruisseau éponyme. Pause à Lannion :
Bien sûr, après le franchissement du Léguer, il faut de nouveau remonter sur le plateau, on arrive à Trébeurden assez tard mais, heureusement, on a une résa dans un camping (Armor Loisirs) qui pourrait être joli s'il n'y avait pas tous ces mobil-homes qui rendent une drôle d'impression quand ton emplacement de tente est isolé parmi ceux-ci. On s'installe, vélo pour faire sécher les affaires de kite, et affaires de kite pour protéger du vent le coin cuisine :
Données du jour : 48 kilomètres, 556 mètres de D+
Mardi 21 juillet (jour 2) : Trébeuden – Trévrou-Tréguignec
Toujours une descente puis une montée implique un passage sur ou à côté de l’eau. Plage de Goaz Trez, c’est y pas beau ?
Juste après, on décroche de l’EV4 pour un détour sur l’Ile Grande. J’avais quelques espérances en arrivant au bout, à Porz Gelen mais il y a trop de bateaux au mouillage qui gênent le bord sortant et un vent trop juste :
Je cherche un autre endroit, j’arrive presque à 8 – 10 nœuds dans la baie à l’est, finalement je tente au sortir de l’île, un peu avant Kervégan pour mieux sentir le vent de face. Sortie d’essai en Pulsion12m², la marée descend, j’ai pieds mais le vent faiblit :
Dommage, le spot est magnifique, avec le petit cordon dunaire vers la petite île Mouton et d’autres curiosités géologiques dans cet espace :
Je remballe puis nous filons à Trégastel pour trouver de quoi manger. Pause sur le front de mer à Coz Porz, en compagnie des impressionnants rochers roses sur lesquels le bourg s’est construit. Passage par le moulin à marée puis on évite Perros-Guirrec, tant pis la plage de Trestraou. Heureusement, on se rattrape en version terrestre, avec ces charmants chemins traditionnels très bucoliques et sympas en VTT :
Avant Nantouar et la remontée sur Trélévern , belle et grande plage (vide) de Penn an Hent Névez au fond de l'anse. On se pose au camping des Macareux, charmants proprios, chouette camping à l’ancienne (on se fait même prêter tables et chaises des années 70) et je descends voir la plage du Trestel en fin de journée :
Spot sympa, accessible, club de kite qui ramène ses élèves du large, je tente avec ma grande voile, en espérant quelques nœuds de plus de NNE avec la remontante. Seul un kitefoileur est présent, au repos. Je perds un peu au vent, les bords sont volontairement courts mais ça le fait. Toutefois, le gars en foil repart mais son boudin de 13m² lui fait des misères. Il reviendra en natakite, côté rocher.
Données du jour : 34 kilomètres, 424 mètres de D+
Mercredi 22 juillet (jour 3) : Trévrou-Tréguignec – Kérity
Ce tronçon est à priori le moins pourvu en spots, on avait décidé de couper deux des trois avancées terrestres, j’étais curieux de découvrir le fameux sillon de Talbert au bout de la troisième pointe. Ainsi, on suit naturellement l’EV4 en passant par Tréguier, magnifique bourg surplombant les méandres de la rivière du Guindy se jetant dans le fleuve côtier du Jaudy. Mais avant cela, on traverse l’intérieur des terres puis un tronçon ferroviaire nous descend vers la passerelle Saint-François avant la remontée dans le bourg :
A l’ancienne, avant encore c’était le bac tenu par les moines du coin :
Un coin bien vivant, rappelant les villages perchés de Dordogne :
On décroche de l’EV4 après le pont Canada puis on atteint le sillon de Talbert vers 14h. Pas grand monde, uniquement des marcheurs, il fait chaud mais une légère brise vient nous chatouiller. J’espère, je patiente mais rien n’y fait, le vent ne dépasse pas les 5 à 6 nœuds, bien orienté (NE) mais insuffisant avec mon matériel. Dommage, il y avait tout pour une belle session de kite, sachant que la zone naturelle est située à l’est du sillon (à droite de la photo) :
Courte vidéo pour l’ambiance ; côté ouest :
On franchit le Trieux à Lézardrieux, bière sur le port de Paimpol et on rejoint un camping (Crukin) à Kérity, avec beaucoup trop de camping-cars.
Données du jour : 34 kilomètres, 342 mètres de D+
nicolasroro@www.onekite.com
Dimanche 26 juillet (jour 7) : Fréhel – Saint-Jacut
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Départ vers 9h30, temps gris, On se lance à l'assaut du cap Fréhel, bien sauvage et pelé et une ribambelle de plages plus ou moins étendues (anse du Croc, Grèves d’en Bas, Port au Sud-Est) à l'ouest de la pointe, certainement intéressantes par gros temps. On aperçoit l’îlot Saint-Michel à l’horizon :
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Au cap, gravel et bikepacking, en mode léger mais il y a du matos :
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Pause repas à Matignon sous la halle (nous sommes 9 cyclo-touristes) sous une légère bruine. On cherche notre prochain camping, il n’y a rien de dispo sur Lancieux, on jette notre dévolu sur Saint-Jacut. Au château du Guildo qui ferme la baie de l’Aguenon, on bifurque sur la presqu’île de Saint-Jacut, et à l’entrée du village, , j’aperçois deux ailes côté Aguenon. Direction le camping municipal de la Manchette côté baie de Lancieux. Il y a du vent, je file voir la plage de la Manchette qui jouxte le camping :
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Voiles visibles en face, au fond de la baie de Lancieux (spot n°30). De mon côté, c’est interdit mais la zone est large et il n’y a pas de baigneur. Je poursuis ma découverte, juste au nord, plage de la Pissote où j’aperçois un gars en train de gréer :
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Prise de contact, il est du coin et me dit que malgré l’interdiction, il se permet de gréer ici puisqu’il n’est pas sur la plage mais sur un banc de sable à marée basse. Pas faux. La zone est un peu déventée avec ce vent de NNO, il part en 9m², je crois en direction du fond de la baie pour taper du flat. Je vois bien qu’il doit faire travailler l’aile pour essayer de garder un tant soit peu le cap pour filer en face pour ensuite tirer son bord le long de la plage des Briantais en face (spot n°31) :
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Je pars à sa suite en Kitech9m² mais mon objectif n’est pas de dériver vers le flat de fond de baie mais de rejoindre le large. Avec le caisson, j’ai un peu moins de difficulté à m’extraire du couloir déventé puis, en ralliant le côté Lancieux, je peux enfin remonter efficacement la baie. Ouah, belle houle, couloir de vents bien sensibles avec ce vent perturbé par les nuages. Il y a quelques belles rafales, c’est sport, pas mal de wingfoileurs et autres parafoileurs sur l’eau, il y a du niveau. J’arrive au nord de Lancieux (plage de Saint Sieuc, j’essaye d’aller du coté de l’île des Hébihens où j’aperçois d’autres ailes (mais comment sont-ils arrivés là ?) puis je me rapatrie dans le chenal à l’extrémité de Saint-Jacut. Belle ambiance, quelques passages ensoleillées mais je dois penser quand même à mon retour et cette zone déventée qui m’attends :
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Et oui, mon banc de sable a disparu, les baigneurs sont de retour. J’essaye quelques bords, je choisis de ne pas dériver, je travaille l’aile mais je dois encore gagner sur la distance en eau désormais. Mon aile décroche, je plie rapidement et au bout de 10 minutes, je suis sur la plage.
Comme mon aile est un peu mouillée et que je suis revenu un peu contraint, je remballe rapidement puis poursuit ma découverte de la presqu’île. Onze plages au total mais le panneau d’interdiction est toujours présent. Plage du Rougeret, plutôt grande, est celle qui ouvre le plus vers le large et son chenal qui permet de rallier la baie de l’Aguenon à celle de Lancieux. Je passe mon chemin. Dommage :
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Côté Aguenon, j’aperçois deux ailes, et tel un cochon truffier, j’essaye de trouver le chemin :
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Plage des Haas, toujours interdite mais avec ce temps gris et en fin de journée, cela n’a pas l’air de gêner grand monde :
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Le vent a tourné NO - ONO, idéal pour l’orientation de la plage, il est 18h30, je pars rapidement à l’eau pour faire sécher mon aile. Une heure de session en rab, avec 12 nœuds environ pour clore cette journée avec conditions propices. A mon retour, c’est marrant, je me retrouve à donner des infos sur le spot que je viens de découvrir, deux autres kiteurs viennent se mettre à l’eau.
Données du jour : 46 kilomètres, 475 mètres de D+
Lundi 27 juillet (jour n°8) : Saint-Jacut – Saint-Benoît des-Ondes
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Objectif du jour, rallier la cité corsaire pour retrouver un ancien collègue qui vient tout juste de s’expatrier du pays de Gex pour s’installer à Dinan, sur les bords de la Rance. Dès lors, on contourne la baie de Lancieux, on quitte l’EV4 et on parcourt le littoral pour atteindre Dinard. Je vois donc toutes les plages des kiteurs de la veille, passage à Saint-Briac-sur-Mer (Cf. photo ci-dessous) et nous longeons toutes les belles plages entre le golf de Dinard (ça fait peine) et Saint-Lunaire (plage de Longchamp – spot n°33, Grande plage, plage de la Fourberie – spot n°34), toutes propices au kite :
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Le coin devient plus cossu, avec de véritables maisons châteaux-forts, on se perd entre Saint-Enogat et Dinard, le temps de trouver l’embarcadère pour le bateau-navette qui nous déposera en 10 minutes au pied de Saint-Malo :
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Spectaculaire ville, en arrivant par l'eau, puis on rentre dans la cité avec les vélos pour trouver la crêperie du rendez-vous. Vers 15h30, on reprend la route, le long de la grande plage, en retrouvant notre tracé cycliste :
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Trop calme pour sortir une voile :
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Après l’agitation de Saint-Malo et passage par Cancale, on retrouve le calme dans la grande baie du Mont-Saint-Michel, au camping municipal de Saint-Benoît-des-Ondes. Le vent nous a poussé jusqu’à présent, je vais tenter une petite sortie juste à côté du camping, marée remontante, presque 11 nœuds de N. Dès la voile levée, c’est piégeux, l’estran encore découvert est glissant comme pas possible. C’est pire dans l’eau marronnasse, aucun appui possible en dehors de la planche. Le vent ne porte pas super, il est moins fort sur l’eau, je m’enquille quand même quelques bords, sans pouvoir apprécier la hauteur d’eau, c’est bizarre.
Photo prise à 21h40 (marée descendante), avec Cancale à l’horizon :
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Données du jour : 47,7 kilomètres, 354 mètres de D+
Mardi 28 juillet (jour 9) : Saint-Benoît des-Ondes – Mont-Saint-Michel – Dol-de-Bretagne - Plougasnou
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Platitude et linéarité, les maîtres-mots du coin, avec le petit vent qui nous pousse bien à l'aller :
C’est long, il commence à faire chaud mais le tracé suit les digues complètement enveloppées de grands arbres, c'est plaisant et puis on aperçoit de temps en temps notre cible, quand enfin...miracle !
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A 12h30, on pose nos vélos sous la passerelle et on se décide d’une visite au pas de charge, en mode commando. En effet, la noria des navettes et le flux des touristes à pied nous montrent que la visite en cette période d’un des sites les plus visités de France risque d’être une épreuve. Le ton est donné à l’entrée, c’est blindé de monde, on trace les escaliers (sélection naturelle), les gens sont assommés de chaleur et cherchent le moindre coin d’ombre pour manger un sandwich :
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On passe les animations religieuses, ambiance « Jésus reviens » et la visite de l'abbaye (une autre fois dans une autre vie) et au bout d’une petite heure, on est de retour de l’enfer : c’est beau, c'est chaud (sans vent), qui plus est à marée basse, le plaisir de la contemplation n’y est pas. Ouf, on s’éloigne pour trouver un coin d’ombre et manger un bout.
Après une rapide réflexion, on va tenter le retour express, direction Dol-de-Bretagne pour choper le TER qui nous ramènera à Morlaix via Rennes.
Merci aux communes bretonnes d'avoir conservé un point d'eau souvent à côté des églises (en l'occurence celle de Saint-Broladre), cela nous a sauvé de la déshydratation, parce qu'il ne faut compter sur les gares pour vous abreuver. Et comme je ne suis pas ingrat, pas merci aux TER régions, c’est toujours un peu compliqué les résas vélos en sus du billet de train : dans le premier train, on les prend et il n’y a plus de place, dans le second, on ne peut pas les prendre et il y a plein de place….
Poussière de la baie, le tracé du jour étant principalement non goudronné, nous, cyclistes, sommes tout aussi cradingues et suants :
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Bref, on arrive à bon port en gare de Morlaix vers 19h45 et il nous reste un dernier effort pour effectuer les 20 kilomètres (et 174 de D+) qui nous séparent de Plougasnou, par Le Dourduff et le magnifique vallon du Traon. Arrivée à 21 heures, pile-poil pour le repas.
Données du jour : 84,5 kilomètres, 340 mètres de D+