La tragédie que vit le Népal depuis le 26 août avec les gigantesques coulées de boue qui ont fait des milliers de morts et disparus est pour l’essentiel vraisemblablement due au réchauffement climatique et la fonte des glaciers de l’Himalaya, mais certains experts s’interrogent aussi sur les conséquences des activités humaines causées par la présence chinoise au Tibet.

« Mais le déclencheur naturel de la catastrophe ne révèle que la moitié de l’histoire. La question clé est de savoir pourquoi les inondations ont été si destructrices en aval. La réponse réside dans l’effet cumulatif des infrastructures chinoises en amont, de la modification du lit des cours d’eau et de l’absence de coopération transfrontalière significative. Aucun de ces facteurs n’a provoqué la rupture du glacier, bien qu’ensemble, ils aient pu en amplifier les conséquences, » estime Brahma Chellaney.
Pour ce chercheur renommé, « un facteur humain important a été la transformation du corridor fluvial lui-même près de la frontière entre le Tibet et le Népal, » puisque la Chine a depuis une dizaine d’année procédé à de gigantesques travaux pour l’extension des digues, la construction d’installations frontalières, d’autoroutes et d’autres ouvrages de génie civil qui ont rétréci certains passages de la haute vallée en concentrant l’activité de construction le long des berges.