Il est banal de le dire, il est presque ridicule de le répéter tant nous sommes des centaines de milliers, sinon davantage, à formuler la même remarque excédée : la publicité sur internet, celle de Facebook en particulier, a quelque chose d'obstinément absurde, et je m'y résous mal.
J'ai acheté, il y a peu, des matelas sur un site de commerce en ligne. Geste anodin, transaction ordinaire, affaire classée — et pourtant, depuis lors, me voici assailli, harcelé presque, par des publicités pour des matelas, comme si cet achat n'avait été que le prélude à une passion dévorante que je ne me connaissais pas. Je ne suis pas, que je sache, un consommateur compulsif de literie. Un matelas s'achète, on dort dessus, et l'affaire, sauf accident, se referme pour dix ou quinze ans. Où est donc l'intérêt de m'inonder d'offres pour un objet dont je viens, précisément, de me pourvoir ?
Cette utilisation des cookies confine au grotesque. On aurait pu croire — j'ai pu croire, naïvement — qu'à l'heure où l'intelligence artificielle se déploie partout avec cette prétention à tout révolutionner, quelques lignes de code auraient suffi pour introduire une nuance élémentaire : si le consommateur vient d'acheter un matelas, il est peu probable qu'il en achète un second dans la foulée. Ce n'est pas de la démagogie que d'affirmer qu'un algorithme un peu moins ambitieux, mais un peu plus fin, y aurait pourvu sans peine. Mais non : l'intelligence artificielle, occupée sans doute à des tâches plus prestigieuses, n'a pas jugé utile de résoudre cette énigme à la portée d'un enfant.
On me dira qu'il y a plus grave dans le monde. Je ne le conteste pas — comment le pourrais-je ? Mais l'aveuglement des puissants dispositifs numériques sur des détails aussi triviaux en dit long, par petites touches, sur la vanité de tant de promesses technologiques : on nous annonçait l'intelligence, la finesse, la personnalisation, et l'on nous sert, inlassablement, la même réclame pour le même matelas.
Je passerai donc les deux prochaines semaines à fermer, une à une, ces publicités obstinées, puisque je l'ai déjà, ce matelas, et que je compte bien m'en satisfaire encore longtemps. Ce sera ma modeste résistance — dérisoire, sans doute, mais fidèle à l'idée que même les petites bêtises du siècle méritent qu'on s'y arrête, ne serait-ce que pour ne pas s'y résigner tout à fait.
Bonjour Patrick,
autre exemple : ma femme regarde avec son téléphone Android sur son Facebook des articles ou pubs et bien moi je retrouve en suggestion les même produits ou pubs sur mon téléphone dans des applis tel que Amazon, Le bon coin, yahoo mail, Chrome, etc … alors que je n’ai pas l’application Facebook ni même de compte Facebook !
Comme quoi les petits cookies publicitaire arrive a pister tous le monde et faire les relations entre les contacts ou personne du même foyer …