Les Zones à Faibles Émissions (ZFE) visent à améliorer la qualité de l’air en limitant la circulation des véhicules les plus polluants dans les zones urbaines. Alors que leur suppression a récemment été votée par l’Assemblée nationale en France, cette note propose une synthèse de la littérature scientifique sur leurs effets environnementaux, sanitaires et sociaux.

Les travaux empiriques montrent que les ZFE permettent effectivement de réduire les concentrations de polluants atmosphériques, notamment les particules fines et le dioxyde d’azote. Ces améliorations de la qualité de l’air s’accompagnent de bénéfices pour la santé, notamment une diminution de certaines maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Cependant, ces politiques peuvent également générer des coûts pour une partie de la population, en particulier pour les ménages à faibles revenus ou vivant dans des zones mal desservies par les transports publics, et éloignés des centres-villes dont l’accès se trouve restreint. En mobilisant les méthodes de l’économie du bonheur, nous analysons l’impact global de la politique sur le bien-être subjectif des individus à partir du cas de l’Ultra Low Emission Zone (ULEZ) de Londres.

Nos résultats suggèrent que l’introduction de l’ULEZ s’accompagne à court terme d’une diminution de la satisfaction dans la vie, en particulier chez les travailleurs possédant une voiture et chez les individus vivant dans des zones faiblement dotées en transports publics. Ces résultats soulignent l’importance d’accompagner les politiques environnementales de dispositifs ciblés permettant de limiter leurs effets redistributifs négatifs.

https://www.cepremap.fr/2026/05/zones-a-faibles-emissions-efficacite-environnementale-et-effets-sur-le-bien-etre/