Buongiorno,

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Il y a bien eu plusieurs séjours de ce côté de la frontière, mais plutôt pour voir si la neige (et la nourriture) en val d'Aoste était meilleure. Le dernier séjour automnal date de 2018 (pour rappel : https://www.onekite.com/topic/13236/ligurie-it-vacances-d-automne-2018?_=1793358863850).

Départ jeudi 22 octobre assez tôt, il a neigé à moyenne altitude dans les Alpes, on retrouve le soleil en ayant franchi le TMB, qui illumine les faces de la Brenva :
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Après 629 km et 7 heures de route, on arrive à Piombino, 50km au sud de Livourne, en Toscane. En milieu d'après-midi, on embarque pour rallier l'île d'Elbe distante du continent d'une dizaine de kilomètres :
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Petite soeur de la Corse mais plus grande île de l'archipel toscan, longue de 29 km et large de 18,5 km, avec un linéaire de 147 km de côtes très découpées, elle ressemble vaguement à un papillon dont l'aile gauche serait devenue ronde :
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Source : https://www.elbamylove.com/fr/organiser-voyage-elbe/cartes-elbe

Au bout d'une grosse heure de navigation avec une belle houle, arrivée à Portoferraio, après avoir contourné la pointe NE et être rentré dans la baie profonde. Les fortifications donnent le ton, l'île a été occupée par les romains, les ostrogoths, les lombards, la République de Pise, mise à sac par le pirate Barberousse, les espagnols y ont érigé des forts et les français l'ont annexée en 1802. La toponymie de la ville principale explique les enjeux d'occupation :
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Nous rejoignons notre camp de base, après 15 minutes de trajet, les 4 kilomètres à vol d'oiseau qui permettent de joindre la baie au nord de la côte sud à Lacona.

Le lendemain, le temps est gris, on fait un petit tour du propriétaire en partant léger, la pointe Stella qui sépare la plage de Lacona (Cf. photo ci-dessous) de celle de Margidore :
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Il y a plein de campings mais un seul est ouvert. La pluie commence à tomber, légère puis drue. On s'abrite sous des pins parasol puis un groupe d'une trentaines de retraités allemands, tous bien équipés avec parapluies et vestes de pluie, vient rompre le calme. On dégage puis on trouve refuge dans l'unique maison de la pointe, deux allemands dont le proprio nous invitent à attendre l'accalmie. Terrasse unique, panorama extraordinaire : à 40km au sud, la célèbre île de Montecristo dont le dôme granitique culmine à 645 mètres. Comme toutes les îles du coin, c'était une colonie pénitentiaire :
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Retour ensoleillé, vue sur la plage jumelle, celle de Margidore :
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En milieu d'après-midi, petit tour sur celle de Lacona, il y a un léger vent de sud (Ostro) mais qui ne dépasse pas les 6 noeuds, donc insuffisant pour naviguer :
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On part visiter Portoferraio, une partie de la ville a été détruite par des bombardements allemands en 1943, mais la vieille ville ceinturée par les anciennes fortifications est toujours là. Vue sur la baie et le Wind Spirit, goélette à quatre mâts construite dans les chantiers du Havre, qui vient mouiller dans la baie :
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Samedi 24 octobre, c'est ma journée kite, d'après Windfinder. Avec la carte des vents de la zone méditerranéenne, vient le choix crucial de la plage :
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Le temps est encore gris, je prévois d'aller à Biodola que je pense être mieux orientée avec ce Maestrale mais on doit passer de toute façon par Procchio. Là où je me gare, 3 wingfoileurs se préparent, le vent est encore irrégulier (6 à 16 noeuds), je me lance et pour faire honneur au pays hôte, je sors ma RRD :
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Il y a un bon swell, trois séries de vagues assez rapprochées à passer, le fond plonge rapidement, à moins d'un mètre du bord, je me retrouve avec de l'eau jusqu'à la taille :
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Le soleil revient, le cap est bon en surf Pie :
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Quelques molles quand même mais dans l'ensemble, je reste surtoilé, c'est quand même un bon choix de taille (12m²) pour pouvoir glisser sur les séries en longueur :
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Vers midi je sors, échange avec un local qui hésite à partir en kite avec une 9m² mais qui choisira finalement la wing. Il me confirme que ce spot était le bon choix, Biodola est une belle plage mais le relief du dessus perturbe le vent. Je décide d'aller voir, pour la pause pique-nique. Une partie de la plage vue du haut de la route d'accès, à 140 mètres d'altitude :
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La plage principale :
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Et vue depuis la plage del Forno, dans le creux, c'est un peu plus chaotique :
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Le gars m'avait aussi dit que, malgré l'orientation très Est du Maestrale du jour, ça pouvait fonctionner dans la baie de Portoferraio. Ok mais alors au fond : sur la route de Magazzini, on trouve un chemin dans cette petite plaine agricole. Vent "on" très légèrement side, peu de place sur cette plage de petits galets plats avec gros amoncellements de posidonie. Avec 15 noeuds, peu de vagues et la superficie de la baie, je me dis que le foil serait pas mal... mais je n'ai aucune idée de la profondeur le long du rivage :
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Je tente le départ en Magnet 6m², il y a des trous dans l'eau, je sens les paquets de posidonie sous mes pieds et les trous sans accumulation mais il y a du fond à une quinzaine de mètres du bord. Je m'éloigne en nage tractée mais cette voile sur laquelle j'ai encore peu d'expérience n'a décidément pas assez de jus pour me soulever direct, malgré une ligne d'envergure que j'ai installée avant de partir. Je n'insiste pas, je garde ma barre mais passe rapidement en Kitech 9m² :
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Deux wings tournent plus à l'ouest, vers Villa Guiseppina, je parcours la baie puis je fais deux fois le tour du bateau de croisière au mouillage, vu la veille. Belle bête, 134 mètres de long, 2000 m² de voilure, avec une capacité de 150 passagers pour 100 personnes d'équipage, et la nuit à 600 euros ! Belle navigation de fin d'après-midi d'automne, un peu surtoilé en 9m² mais avec un bon cap et une belle vitesse pour parcourir efficacement la baie, sans toutefois trop me rapprocher du port à cause des ferrys (3 compagnies se partagent la ligne du continent).

Dimanche, pas de vent de prévu, c'est tour en VTT. Depuis Capoliveri (pointe SE), vue sur la plage de Margidore au centre-droit, la péninsule de la pointe Stella du côté gauche et le Monte Capanne en arrière-plan :
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9h30, on atteint le village (celui où vécu Jacques Mayol, avant de se suicider) qui se situe sur les hauteurs, la vie s'anime petit à petit, le centre est charmant, on dégote une carte des sentiers VTT à l'OT puis on file pour faire le tour horaire de la péninsule, via le parcours Calamita. En italien, cela signifie aimant, du nom de cette roche très dense qui a été extraite dans le coin. La piste forestière fait le tour de la péninsule, ce qui permet de croiser les plages les plus discrètes de l'île. En effet, pas d'accès en voiture possible.
Spiaggia di Calanova :
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Petit paradis à Istia, ça change des bouts de béton des terrasses qui dégueulent sur le sable des plages trop facilement accessibles. Ici, à l'inverse, tout est bien entretenu, des légumes poussent dans un jardin attenant au mobilier de récup :
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On se rajoute le tour du Monte Calamita (411m) pour prendre de la hauteur. Il n'y a pas un chat.
Spiaggia de Remaiolo vers la pointe sud, idéalement orientée pour un coup de d'Ostro ou de Libecio :
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On rejoint la mine Calamita, petit tour sur le Bike Park aménagé sur les anciens terrassements de la mine. La goélette 3 mâts Atlantis (ancien bateau-phare de 1905) a quitté Margidore :
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On rejoint la civilisation, on boucle le tour avec 51 km au compteur et 753 de D+.

Lundi 26 octobre : toujours pas de vent et on décide de se reposer des fessiers en montant au point culminant de l'île, depuis la tour San Giovanni via le village de Sant'Ilario in Campo (372m). Petite rencontre du matin :
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Le chemin est constellé de bogues de châtaigniers, ça attendra le retour. On atteint le Monte Perone puis on va suivre la ligne de crête dont une partie est équipée d'une via cordata plutôt qu'une via ferrata :
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Je me mets une belle gamelle avant l'attaque, ça donne le ton, le granit suinte l'humidité apportée par la brume, c'est sec côté vent mais glissant du côté de notre itinéraire. On met les baudriers quand même. La deuxième portion qui permet d'atteindre le sommet (1019m) est plus franche, sur une dalle couchée. Ambiance là-haut, on avait remarqué que le sommet accrochait régulièrement les nuages :
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Vue plein nord, l'arrivée du Cabinovia et Marciana Marina mille mètres plus bas :
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Retour côté sud, avec nos châtaignes, la tour San Giovanni surplombe le Golfo di Campo, avec l'énigmatique Montecristo en toile de fond :
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Rando pédestre de 14km et 872m de D+.

Mardi 27 octobre, tour à vélo de la pointe NE : Porto Azzuro, jolie cité balnéaire, avec sa forteresse qui s'est tranformée un temps en prison pour maffieux (voir l'excellente série italienne Portobello, visible sur Arte). Puis on remonte sur Rio Nell'Elba (143m), typique bourgade perchée sur un contrefort et on redescend finalement au niveau zéro à Rio Marina :
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Autre ancien site minier (à gauche de la photo), ce qui explique la taille des bourgades, très denses :
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Encore de belles plages sur cette côte Est, le long de la route.
Spiaggia Cala Seregola, face au continent (Piombino à l'horizon), idéale pour affronter le Grecale et le Levante :
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Puis Cavo, bout de l'île, un terminus à l'ambiance très différente de Porto Azzuro. Baignade agréable avec petit plongeon depuis les rochers du milieu :
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On attaque le retour et le sévère par la route de la montagne, col Le Panche (326m) puis vue plongeante sur la baie de Portoferraio depuis le col à côté de la forteresse de Volterraio (289m).
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Descente magnifique, tout en virolos, hélas pas de gelateria ouverte à Magazzini, village désert en cette saison.

Mercredi 28 octobre, toujours pas de vent à l'horizon, on enfourche de nouveau nos vélos pour le tour horaire du Monte Capanne, soit l'aile gauche mais ronde du papillon Elba. Après Marina di Campo, c'est plus sauvage, la côte est essentiellement rocheuse mais on y trouve encore de belles perles, par exemple :
Spiaggia di Cavoli :
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Spiaggia de Fetovaia :
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On oblique en direction du nord, balcon suspendu au dessus de la grande bleue et l'île de Beauté à une portée de bateau :
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Passé le dernier hameau, Chiessi, avec encore une toute petite plage pour un coup de Libecio, ou de Ponente ou encore de Maestrale, deux gabions ferment la route :
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Je ne vois pas les travaux mais dans la montée, j'entends des bruits de marteau-piqueur. Je monte puis je vois un gars tout seul en train de travailler, perché sur un pare-pierres. On passe, ça serait dommage de faire demi-tour. Sur le tronçon jusqu'au prochain village, on va avoir la route pour nous. Tout le flanc de montagne, quoique granitique, est emmailloté dans des filets, des câbles, des tiges, des pare-pierres, impressionnant. On poursuit cette route qui suit la courbe de niveau entre 100 et 150 mètres, on remonte vers Marciana et on croise la gare de départ du Cabinovia à 340m d'altitude. Passage par le village perché de Poggio. J'avais repéré une autre descente plus directe mais tout en virolos. Dans la descente, je fume un break allemand qui m'a coupé la priorité. Ce tas allait me gâcher la descente, j'ai mis un peu la pression et j'ai doublé dans une chicane, par l'extérieur, je ne suis pas vache. Arrivée à Marciana, quelques secondes plus tard, j'entends quelques mots en allemand que je ne peux traduire mais dont le ton me donne le sens :
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Sur les photos de l'époque, exposées sur la digue, on voit que toutes les pentes étaient rases à cause des besoins en bois de l'industrie minière et que le petit port sous une tempête de Maestrale était bien peu protégé. Un autre bout de plage, orientation NE et Capraia isola en ligne de mire (335 habitants) :
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Enfin, pour terminer cette côte NO, on passe par Procchio puis retour sur la côte sud, avec la belle et accueillante plage de Marina di Campo, avec un peu de vent "off" :
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Résultat de la courses du jour : 50km et 790m de D+

En guise de conclusion, l'île d'Elbe est très intéressante pour le kite, du fait du nombre de plages (137 officiellement annoncées !), de la diversité des orientations et de la taille de l'île suffisamment petite pour rallier un coin à un autre malgré des routes sinueuses. Mais, force est de constater que je n'ai pu tester que deux spots ! L'été, ça doit être mission impossible mais au printemps et à l'automne, c'est tout à fait navigable, à condition d'être vigilant sur les orientations du vent et les conditions locales.
Je n'ai pas d'idée sur la fréquentation estivale de l'île, il n'y a pas de grands ensembles mais beaucoup de petites à moyennes résidences. Comme souvent en Italie, l'espace est privatisé, je n'ose imaginer l'accès à certaines plages, avec la bagnole sur de petites routes, dans des culs de sac. Après, si tu paies....

On avait pris les affaires d'escalade, il y a quelques spots mais rien de transcendant. On a donc préféré rouler à vélo. L'île est courue pour ses sentiers de VTT, pas autant que Finale Ligure mais pas mal de monde vient pour ça, en majorité du VTT de descente. Aussi pour la marche sur les sentiers, nombreux, bien indiqués mais dégradés par les sangliers qui ne font pas semblant. L'activité phare reste la plongée sous-marine au vu du nombre affolant de criques.
Les routes, ici, ça tourne, 50% goudron pour longboard et 50% nids de poule, fissures et autres bosses. Il faut dire aussi que le terrain bouge pas mal sur cette île, il y a de la pente, l'eau ruisselle, les cailloux tombent, les arbres s'affaissent, les terrasses ne sont plus entretenues, bref, il y aurait une vie de travail pour une horde de cantonniers. Et aussi pour ramasser les inévitables déchets de bords de route, une calamité en Italie plus qu'ailleurs je trouve.
En cette saison, c'est très calme, la majorité des touristes viennent d'Allemagne, d'Autriche, de Suisse. Quelques français aussi.
Après les fermetures minières, le tourisme est devenu la principale source de revenus des Elbois (31'000 habitants). Il reste toutefois de l'agriculture, on était en pleine saison de cueillette des olives. C'était cool de voir un peu de vie locale sur ce bout de rocher qui nous a bien plu.

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Sources :