JOURNAL 20 octobre 2026

Est ce que c’est moi ? Est-ce que je suis une fouteuse de merde partout ? J'ai demandé à To sensei si il voulait bien accueillir deux kendoka français je serai pas là, mais hayame est ok, comme cest lui le chef de cette partie je pensais qu’il n’y aurait aucun problème. Il me dit non tout sec. Ça se fait pas en japonais. Et voilà qu’il se lance dans un grand procès, il trouve il y a trop d'étrangers au Japon, ils détruisent notre culture, il est furieux que j'aie accepté un Américain, il désapprouve ce qu’il appelle la féminisation du dôjô, meme hayame a eu droit. Il reconnaît sa compétence mais il aurait préféré un mec, et voilà qu’il me tombe dessus personnellement avec le procès de ma sexualité perverse et dévoyée etc. J'étais stupéfaite. En même temps je comprends pourquoi il ne veut pas manger avec nous et sortir le soir. C’est un sale vieux con de japonais. Je le lui ai dit. Le ton est monté. On est fâchés. Du coup hayame démissionne. Et moi puisque c’est comme ça j'ai téléphoné à mon frère pour lui dire que je ne reviendrai pas après l'Ukraine. Il est furieux, tout le monde est furieux, yôko veut partir aussi, c’est un désastre ! Ces vieux japonais sont insupportables, on en sortira jamais, on en a toutes marre. Hayame a une offre de formation pour les juniors c’est moins bien payé mais tant pis elle part. Yôko ne sait pas où aller mais elle veut pas rester seule ici. Elle est très compétente, elle retrouvera quelque chose, elle est désolée elle adorait son travail ici. Voilà. Et c’est moi qui ai foutu la merde encore. Je laisse le dernier groupe aux garçons, eux sont biens, ils sont désolés aussi et je rentre avec T chan. On a encore deux jours ensemble, sa tante vient jeudi pour nous rencontrer et repartir avec T, elle lui a trouvé un collège elle pourra finir son année. C’est un peu trop agité ma vie en ce moment, je suis fatiguée.


J’ai pris mon bain puis j’ai regardé mon téléphone. Il y avait des sms et appels manqués de mon frère puis : (je transpose en français, en japonais c’est un peu plus grossier mais c’est le même sens) — est ce que tu vas décrocher ton putain de téléphone merde j´ai a te parler tête de mule ! J'ai attendu, il a rappelé, j’ai décroché. On s'est insultés comme des chiens pendant deux minutes j’ai fini par le traiter de connard de macho de merde il m'a dit que j’avais un caractère à chier je lui ai fait remarquer qu’on avait les mêmes ancêtres de merde, on a raccroché ensemble et il a rappelé après dix minutes. — est ce qu'on peut parler et un peu m'écouter cinq minutes sans gueuler comme une tomoe en furie que tu es ? Je lui dis oui si toi-même tu cesses de me prendre de haut comme un daimio que tu te crois être. On a repris nos respirations. Il me dit : — écoute, je sais que tu passes par des moments difficiles, tu es fatiguée et je l'admets. J'admets que ce qui s’est passé est inacceptable. D'autre part je refuse votre démission collective, vous êtes chacune les meilleures qui aient travaillé dans ce dôjô depuis qu'il existe. Si quelqu’un doit partir c’est To sensei. Je vais le lui demander, seulement tu pars un mois — COMMENT TU SAIS ÇA ? — Je le sais. Tu pars donc un mois j’ai besoin de quelqu'un pour assurer la gérance. Il faut aussi te remplacer tu comprends, ça se fait pas comme ça. Je te propose de prendre des vacances avant ton départ. Tu en as besoin ne le nie pas. Les garçons vont assurer des entraînements jusqu'à ce que je t’aie trouvé un ou une remplaçante pour la durée. Hayame va continuer son job avec ses élèves et To sama les siens ça ne sera pas facile pour elle mais elle est solide elle est ok. Je trouve quelqu'un pour remplacer le vieux dès que possible. Hayame sensei m’aidera à décider. Ça te va comme ça, espèce de chat enragé ? J'ai regardé A qui écoutait elle me fait signe… c’est bon — Tu vois si tu me laisses en placer une on arrive à quelque chose. Le vieux va écraser il y a des témoins et notamment des élèves adultes qui ont tout entendu. Si l'affaire sort du dôjô officiellement il est cuit dans le milieu, une pareille perte de contrôle c’est totalement inadmissible. Inutile de te dire que ça m'a beaucoup étonné mais pour des raisons que je ne comprends pas il a pété les plombs. Je me suis laissé dire récemment qu’il s'était mis à boire et maltraiter sa fille… on fait la paix, petite sœur enragée ? — d'accord, grand couillon de frère aîné.

Voilà où on en est ce soir. Il est 9:30 l'heure du bain des petites fesses, toute heureuse que de son point de vue j'aie gagné. Et finalement elle a pas tort je crois. J’ai eu un gros câlin de ma souveraine qui m'a chuchoté à l'oreille : « je suis fière de toi ma tomoe »

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