5.
Une scène terrible. Ma mère en travers d’une porte, empêchant mon père de sortir. Elle crie elle pleure. J’ai peur, je me cache sous la table. Mon père partait souvent, parfois pendant des semaines, il se rendait dans des villages loin, dans la forêt pour je ne sais quelles activités. Ma mère, dans un lit, son abondante chevelure brune aux reflets cuivrés répandue autour de son visage comme une auréole de sainte. On ne doit pas faire de bruit. Maman est en dépression.
Le père de ma grand mère était mort. Sa grande maison brûlée. Pillées les récoltes, les hangars détruits. Décidément, ma famille ne retrouverait jamais ni ses terres ni ses biens. C’était fini, terminé. Hanoï tombée, le Viêt Nam était virtuellement coupé en deux, un accord de coopération militaire fut signé entre la France et ce qui subsistait de l’Indochine.
La famille dépendait à présent essentiellement de l’argent continuant par bonheur à arriver de la métropole.